Sésame, cacao cru bio, cassonade, sel
22 février 2026 :
Rencontrée lors du Salon du Chocolat de Paris édition 2025, pour lequel Dana, fondatrice de la maison, fougueuse et souriante, n’a pas hésité à se rendre en quittant sa Côte d’Ivoire d’adoption (depuis de nombreuses années) en compagnie de sa mère et de sa tante, pour présenter ses produits et démontrer qu’il est tout à fait possible de valoriser la filière du cacao dans un pays dévasté par les ravages de l’industrie du chocolat.
Et quand, de surcroît, elle donne aux femmes voix au chapitre pour la fabrication, la conception et la commercialisation de ses produits et travaille les fèves, que la maison sélectionne avec exigence et soin auprès de planteurs auprès desquels des liens de confiance sont tissés depuis longtemps, sans les torréfier, pour leur conserver toutes leurs qualités organoleptiques et leur saveurs naturelles (le cacao cru), on applaudit.
Rien de mieux dans de telles conditions que de mettre la cuillère dans les pâtes à tartiner, 100 % artisanales et confectionnées avec des ingrédients 100 % ivoiriens en principe.
Les deux produits proposés, l’un à la noix de cajou, l’autre au sésame, dans des pots de verre graciles floqués d’étiquettes discrètes et épurées, montrent d’emblée leurs qualités par la liste réduite des ingrédients utilisés, sans aucune matière grasse ou sucre ajoutés, sans additif quelconque. On a affaire à de purs produits, qui plus est vegan.
A l’ouverture du pot de pâte au sésame, la pâte à tartiner arbore une robe dont la teinte s’approche de celle de la châtaigne ou de celle d’un caramel chaleureux, comme pour la pâte à la noix de cajou.
Ses volutes olfactives sont impérieuses, grillées à souhait, séductrices au possible.
Sa consistance est plus coriace et résistante que celle de la pâte à la noix de cajou. Elle est musclée, granuleuse et, telle une motte d’argile à sculpter et à travailler au corps, moins onctueuse. Comme la pâte à la noix de cajou, elle peut se tartiner mais s’apprécie d’autant mieux à la petite cuillère pour ne pas en perdre en propriété et en saveurs.
En bouche, la pâte au sésame présente une mâche plus pénétrante alimentée par son grain et se fait subrepticement fibreuse avant de tomber à son tour dans le fondant.
Au palais, à peine sucrée, la pâte laisse totalement la place à des arômes intenses, une partition de notes de grillé, voire de fumé, lesquelles sont à peine modulées par des notes caramélisées qui laissent transparaître à une saveur proche de celle de la chicorée. Sa longueur est racée et superbe et saura surprendre les esthètes amateurs